Psychiatre rescapé du camp d’Auschwitz, Viktor Frankl nous raconte dans cet ouvrage, publié en 1959 sous le titre « man’s search of meaning » , à la fois son expérience personnelle et ce qu’il a su en faire en ouvrant une troisième voie – une troisième école viennoise – de psychothérapie, centrée sur le besoin de sens. Il faut lire ce livre pour l’extraordinaire leçon de vie de son auteur, et le précieux enseignement qu’il nous transmet, pour faire face au « vide de l’existence » sans se perdre dans une quête sans frein de pouvoirs ou de plaisirs, en assumant pleinement la responsabilité de son existence.
« Chacun a pour mission de mener à bien une tâche concrète unique et, de ce fait, il ne peut être remplacé, de même que sa vie ne peut être renouvelée. La vocation de chacun est donc unique, tout comme sa façon de la réaliser. (…). En un mot, chaque personne fait face à une question que lui pose l’existence et elle ne peut y répondre qu’en prenant sa propre vie en mains. C’est pourquoi la logothérapie considère la responsabilité comme l’essence même de l’existence« .
3 voies se distinguent, selon Frankl, sur le chemin du sens de la vie : la voie de l’accomplissement, la voie de l’amour et la voie de la souffrance. J’aime tout particulièrement sa définition de la 2ème voie, celle de l’amour ; tout comme j’aime particulièrement la façon dont il évoque sa jeune épouse, dont la pensée l’a maintenu en vie.
» La deuxième façon de trouver un sens à sa vie est de faire l’expérience de la bonté, de la vérité, de la beauté, par exemple de prendre contact avec la nature ou avec une certaine culture ou – ce qui est encore mieux – de connaître le caractère unique d’un être humain à travers l’amour. (…). L’amour n’est pas un simple épiphénomène des besoins et des instincts sexuels, une prétendue sublimation. L’amour est un phénomène aussi fondamental que le sexe. En fait, le sexe en est l’expression. Il est justifié, sacré même, dès qu’il devient le véhicule de l’amour. Ainsi, on ne considère pas l’amour simplement comme un effet secondaire du sexe. Celui-ci est plutôt l’expression concrète de cette union ultime qu’on appelle l’amour« .
